Comme le relève le quotidien économique Les Échos (19/08/08), ?Le gouvernement a déjà tiré les conclusions de ces travaux : la branche ATMP, qui versait jusque-là 415 millions d'euros par an à l'assurance-maladie au titre de cette sous déclaration, devra s'acquitter de 300 millions d'euros supplémentaires l'année prochaine?.

Remédier à la sous-déclaration des maladies professionnelles

Cependant, pour les professionnels de la prévention, ce rapport, rédigé sous l?égide de Noël Diricq, conseiller maître à la Cour des comptes, appelle d?autres réflexions. Il incite d?abord à s?interroger sur les causes de la sous-déclaration. ?Les experts, rapportent Les Échos, identifient quatre grandes causes au phénomène : les réticences des victimes à déclarer leur maladie, la difficulté pour les médecins à faire le lien entre le travail et l?affection, et à reconstituer les parcours professionnels, les lacunes de la réglementation (les tableaux de reconnaissance des maladies professionnelles tardent à être actualisés en fonction des avancées scientifiques), et l?attitude des employeurs qui ne déclarent pas certains accidents.?

S?appuyer sur le ?document unique? pour mieux prévenir les risques

Parmi ces causes, celles qui révèlent un défaut de détection des maladies professionnelles par les acteurs du système de soins sont les plus inquiétantes. En effet, comment diagnostiquer précocement et traiter efficacement des affections dont on ignore la cause ? Et comment mener un travail épidémiologique efficace si l?origine professionnelle d?une maladie n?est pas identifiée ? Pour améliorer la détection et la prévention, le rapport préconise donc d?améliorer l?information des médecins de ville sur ces pathologies (1).

Dans le même but, il suggère aussi de mieux informer les salariés et leurs représentants. À cette fin, parmi d?autres mesures concrètes, il plaide pour ?une remise effective du document unique à chaque salarié pour qu?il le conserve?. Il serait en effet fructueux que les salariés s?approprient vraiment ce document. En prenant connaissance des risques induits par leur métier, ils seront mieux à même d?avertir leurs médecins des pathologies auxquelles ils sont potentiellement exposés. Le diagnostic pourrait ainsi être plus précoce et l?espoir de guérison plus important. Enfin, les salariés seront plus enclins à prendre les mesures de protection appropriées. Et c?est cela qui importe !

Le vrai combat : réduire le nombre d?accidents et de maladies

En effet, les débats sur la prise en charge des dépenses ne doivent pas faire oublier le vrai combat : réduire le nombre d?accidents du travail et de maladies professionnelles ! À cet égard, la sévère réévaluation à la hausse des dépenses imputables à la branche accidents du travail de l?assurance maladie démontre que de gros progrès peuvent encore être accomplis. Enfin, en révélant que les risques professionnels pèsent lourdement sur les comptes sociaux, le rapport Diricq souligne combien les démarches de prévention sont rentables. En matière de risques professionnels aussi, mieux vaut prévenir que guérir !

(1) Les préconisations du rapport ont été synthétisées par Liaisons Sociales Quotidien, 25/08/2008.

Source : altersécurité infos

 

 

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