En posant ce constat, la Commission pour la libération de la croissance française présidée par Jacques Attali, souligne le défi majeur que représente, pour notre pays, le vieillissement de la population (1).

Un défi économique et social majeur à relever

Chacun le sait désormais : à défaut d?un meilleur accès des seniors au marché du travail, les évolutions démographiques en cours risquent de compromettre notre compétitivité économique, notre système social et jusqu?à la solidarité entre les générations. Pour conjurer ces sombres perspectives, la Commission Attali souhaite donc ?permettre à chacun de retarder, s?il le désire, son départ à la retraite?(2). De la même façon, s?inspirant de l?exemple japonais, l?Institut Montaigne plaide pour ?la mise en place d?un modèle d?emploi sans limite d?âge? afin que chacun puisse travailler aussi longtemps qu?il le souhaite(3). Mais, pour que les seniors prolongent leur vie professionnelle, encore fautil qu?ils en aient le désir et aussi la capacité ! Pour cela, il faut bien sûr se préparer à prendre davantage en compte les contraintes et les risques spécifiques qui s?attachent aux salariés plus âgés. Comme l?écrivent les auteurs du récent guide ?Pouvoir travailler à tout âge? édité avec l?aide du Fonds social européen, il sera nécessaire de ?faire évoluer les conditions de travail en fonction de l?â?ge?(4).

Maladies et accidents raccourcissent la vie active

Mais c?est également en amont qu?il faut agir ! Une récente étude publiée par l?Institut national d?études démographiques (INED) souligne en effet que les conditions de travail pèsent fortement sur la capacité à mener une vie professionnelle prolongée. Un exemple ? ?Un homme cadre de 35 ans peut espérer vivre encore 34 ans indemne de toute incapacité?, tandis qu?au même âge, un ouvrier n?a, statistiquement parlant, plus que 24 ans sans incapacité devant lui (5). Plus significativement encore, une récente étude de la Direction de l?animation, de la recherche, des études et des statistiques (DARES) met en évidence le lien de causalité entre ?pénibilité du travail et sortie précoce de l?emploi?. Elle remarque notamment que ?les seniors chômeurs ou inactifs [?] ont été exposés à de nombreuses pénibilités durant leur carrière professionnelle, et s?estiment plus souvent en mauvaise santé?(6).

La contribution décisive de la prévention des risques

Il apparaît donc qu?une prise en compte volontariste des questions de sécurité et de santé est essentielle à la réussite des politiques qui, dans les années à venir, viseront à favoriser l?activité des seniors. Puissent les décideurs s?en souvenir ! Quant aux professionnels de la prévention, ils sont, à l?image des intervenants de Point-Org-Sécurité, conscients de leurs responsabilités et prêts à apporter leur contribution à ce défi crucial pour le dynamisme de nos entreprises et l?équilibre de notre pays.

Source : Altersecurite

(1), (2) Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française, pp 112-116., téléchargeable sur le site www.liberonslacroissance.fr (3) ?Après le Japon, la France? Faire du vieillissement un moteur de croissance?, étude de Romain Geiss, Institut Montaigne, décembre 2007. (4) Ce guide peut être téléchargé gratuitement à l?adresse suivante : www.arete.fr/site/expertises-etudes/Guide%20ARETE-2007.pdf (5) Population & Société, N° 441, janvier 2008. (6) Premières Synthèses Informations, N° 03.1, DARES, janvier 2008

 

 

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